Que la Paix de Jésus-Christ soit avec vous, cher Ahamadi, la Paix de son Amour.
Merci pour votre franchise. Nous allons répondre tout aussi franchement, sur les points fondamentaux évoqués dans votre message. Cette réponse reprend des passages d'échanges antérieurs sur ce Forum. Elle est longue par respect pour votre personne qui se présente comme "ouvert à toute discussion", et parce que nous espérons qu'elle sera l'amorce d'un dialogue intellectuellement honnête.
- 1 "Vous avez un manque de savoir dans l''islam"
Dans tout domaine de connaissance humaine, il est certain qu'il est impossible de prétendre à un savoir complet. Une telle prétention serait ridicule. Cependant les articles de ce site, ainsi que les réponses au forum faites par Notre-Dame de Kabylie, s'appuient sur une connaissance sérieuse de l'islam. C'est ainsi que ce site comporte un volet de la rubrique "Dialogue islamo-chrétien" nommé "Du vocabulaire de l’Islam" (avec des articles rédigés par des islamologues reconnus, dont les professeurs Dominique et Marie-Thérèse Urvoy), et un autre "Réponses chrétiennes aux objections musulmanes" (dont des articles du père copte égyptien Zakaria Boutros, dont les connaissances sur l'islam ont été reconnues). En cas de doute sur un point, nous prenons le soin de consulter deux parmi les islamologues mentionnés. Malgré tout des erreurs peuvent s'introduire dans des articles, car "l'erreur est humaine". Quand elles sont signalées, nous les corrigeons, car "persévérer est diabolique".
- 2 "Votre concept de rédemption de l'islam est complètement faux."
La notion de rédemption au sens chrétien n'existe pas en islam. Plus précisément, dans votre religion il n'y a pas de réparation de la Gloire divine outragée par le péché, ni de destruction de la source du péché, c'est à dire de sacrifice du Christ offert en réparation de cet outrage.
Votre lecture de certains articles (qui a conduit à votre jugement) a été superficielle, car elle ne discerne pas la différence des natures dans le concept "rédemption". Votre accusation de "faux" concerne probablement l'article du père Zakaria Boutros "Le concept de rédemption dans la Bible et le Coran"
http://notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/Réponseschrétiennesauxobjectionsmusulmanes/tabid/81/articleType/ArticleView/articleId/147/LE-CONCEPT-DE-REDEMPTION-DANS-LA-BIBLE-ET-LE-CORAN-par-le-Pere-Zakaria-BOUTROS.aspx
Si vous lisez bien ce texte vous verrez qu'il est dit que dans le Coran, comme dans l'Ancien Testament (le premier volet de la Bible), il est question d'une forme de rédemption limitée à des cas particuliers. A propos de la rédemption du fils d’Abraham, cet article cite l'exégèse de l'imam Al-Nasfy "la rédemption est le fait d’être sauvé du massacre par un sacrifice…", et le verset 107 de la sourate 37 (As saffat) "Nous le libérâmes contre un sacrifice solennel". Par rapport à l'Ancien Testament ce concept de rédemption est le même en Islam. D'autres exemples, qui vont dans le même sens, sont donnés dans l'article.
Le Nouveau Testament (seconde composante de la Bible, et "accomplissement" de la révélation de Dieu) fait apparaître l'autre dimension du concept de rédemption: le sacrifice du Christ pour le salut du monde. Là on touche une question, celle de la Trinité, si férocement contestée par les musulmans, qui veulent ne la voir qu'en limitant la puissance de "Dieu Unique et Trine" (pour les chrétiens) à un niveau humain, c'est-à-dire l'impossibilité pour Dieu de trois "manifestations" (ce mot, utilisé par le père Zakaria Boutros, n'étant pas pris dans le sens de l'hérésie du modalisme) qui sont le même Dieu: Père, Fils et Saint Esprit, chacune constituant une "Personne divine" en parfaite égalité avec les deux autres, de même substance (au sens théologique) divine. Sur cette base de la Toute Puissance de Dieu, inaccessible aux humains, les chrétiens savent que Dieu Père a offert son Fils Jésus en sacrifice pour le rachat des péchés du monde, et que par Amour pour le genre humain le Christ s'est offert dans ce sacrifice. Ceci est à la base de la théologie chrétienne.
Dans la seconde partie de son article, Zakaria Boutros définit les qualités que devrait avoir le rédempteur capable de racheter l’humanité entière. Dans un deuxième article de cet auteur "La justice de Dieu, Sa miséricorde et le concept de la Rédemption"
http://notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/Réponseschrétiennesauxobjectionsmusulmanes/tabid/81/articleType/ArticleView/articleId/298/Pere-Zakaria-Boutros-La-justice-de-Dieu-Sa-misericorde-et-le-concept-de-la-Redemption.aspx
Zakaria Boutros introduit ainsi le sujet: "Dieu est juste, et Sa justice est une justice absolue. Mais Il est miséricordieux, et Sa miséricorde est une miséricorde absolue. Par nature Il est souverain dans ses décisions. Etant juste Il a jugé le pécheur et émis une sentence de mort, mais étant miséricordieux, Il devait manifester Sa clémence pour ce pécheur. … Si la justice est accomplie, alors il n'y a plus de miséricorde. Et si la miséricorde est accomplie, alors il n'y a plus de justice. C'est pourquoi toute l'histoire de la rédemption consiste à la fois à répondre à la nécessité de justice et à manifester la miséricorde de Dieu pour l'homme". La solution de ce dilemme est donnée dans cet article sous forme d'une belle allégorie, Le péché du monde est infini, pour répondre aux exigences de justice et de miséricorde il fallait un sacrifice de valeur infinie. Dieu Miséricordieux (le Juge dans cette allégorie) offre Son Fils en sacrifice pour satisfaire la Justice. Ici, dans ce que les chrétiens appellent le "mystère" de la Rédemption, le mot mystère a le sens du Nouveau Testament, et non le sens d'aujourd'hui, i.e. quelque chose d'incompréhensible et de totalement fermé à l'intelligence humaine. C'est tout juste le contraire dans la langue du Nouveau Testament, comme le montre Tresmontant dans "L’histoire de l’Univers et le sens de la Création", en disant que le mot grec mustèrion, traduit par mystère, est la traduction d'un mot araméen, raza, qui signifie le secret: "Le mystère, dans la langue du Nouveau Testament, n'est pas quelque chose de fermé à l'intelligence humaine. C’est, au contraire, un secret que Dieu communique, un dessein secret qu'il nous donne à connaître".
Tout le Nouveau Testament est imprégné par cette mission de Jésus, venu dans le monde pour accomplir ce sacrifice, à savoir les quatre évangiles, les Actes des Apôtres, les lettres de Saint Paul, Saint Pierre, Saint Jean, et l'Apocalypse (image du "sang de l'Agneau").
- 3 "Votre haine de l'islam saute aux yeux."
La haine est interdite aux chrétiens. La haine est aveugle. La haine est cause d'aveuglement. Aussi est-ce de la haine que de répondre, de façon précise et motivée, aux graves accusations du Coran qui traite les chrétiens de "pervers" (fasiqoun), "injustes" (zalimoun), "imposteurs" (moukazziboun), "égarés" (daloun) "associateurs" (mouchrikoun) leur péché étant irrémissible (shirk), "corrupteurs" (moufsidoum), "hypocrites" (mounafiqoun), "insensés" (soufahaa), auteurs de "falsification" (tahrîf) de l'Evangile. Ceci parmi quelques 24 qualificatifs peu sympathiques que l'on peut répertorier, en ajoutant le verset 6 de la sourate 98 qui parle ainsi des chrétiens (les associateurs): "Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les associateurs iront au feu de l'Enfer, pour y demeurer éternellement. De toute la création, ce sont eux les pires"?
Sachez que l'enseignement de Jésus nous interdit la haine, et que pour les chrétiens Dieu est avant tout Amour, attribut absent des 99 beaux Noms de Dieu, récités et médités par les musulmans en égrainant la suhba. C'est parce que Dieu aime tous les hommes, pas seulement les chrétiens, qu'Il a offert Son Fils en sacrifice. De Son côté Son Fils, vrai Homme et vrai Dieu, a tant aimé les hommes, qu'il a accepté de donner Sa vie pour leur salut. Dans le Nouveau Testament Jésus, qui a dit "Je Suis la Voie, la Vérité et la Vie", a résumé les dix commandements de Dieu par cette "Loi d'Amour":
- "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. Un second lui est égal: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. En ces deux commandements tient toute la Loi, et les Prophètes." Matthieu 22; 37-40.
Pour les chrétiens, le prochain de la Loi d'Amour inclut les ennemis et les persécuteurs (Ro 12;14, Matthieu 5; 43-46, Matthieu 5; 5 et 9).
- "Bénissez ceux qui vous persécutent: bénissez et ne maudissez pas". (Lettres de Saint Paul, Ro 12;14)
- "Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton proche, et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. Si en effet vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant?". Matthieu 5; 43-46.
- "Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre!" et "Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu!"(Matthieu 5; 5 et 9)
Dans le Coran, le prochain est strictement celui qui appartient à la communauté des fidèles (l'Ouma). Le Coran demande aux croyants "l'affection à l'égard des proches" (Sourate 42 "La consultation", verset 23), mais "l'inimitié et la haine" envers les incroyants (Sourate 60 "L'éprouvée", verset 4). Ce qu'il résume en disant que "ceux qui sont avec lui [le Prophète] sont durs (le Coran traduit par Blachère dit même "violents") à l'égard des infidèles, miséricordieux entre eux" (Sourate 48 "La conquête", verset 29).
Avec le verset 45 de la sourate 5 ("La table servie"), le Coran prend encore plus clairement le contrepied de la Loi d'Amour dictée par Jésus, et de ce qu'elle implique dans Matthieu 5; 22, 38-39. Ceux qui appliquent cette loi divine deviennent des "injustes". En effet ce verset dit: "Et Nous y avons prescrit pour eux vie pour vie, oeil pour oeil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation. Et ceux qui ne jugent pas d'après ce que Dieu a fait descendre, ceux-là sont des injustes".
http://oumma.com/coran/afficher.php?NumSourate=5
Ainsi les versets de la période mecquoise, qui incitent à la paix et au pardon, sont abrogés (voir sur ce site les articles sur la doctrine de l'abrogation) par les versets 5 (verset dit du "Sabre") et 29 de la sourate 9 "Le repentir"At-Taubah).
Verset 5: "Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs (i.e. les chrétiens qui associent à Dieu deux autres divinités) où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux."
Verset 29: "Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité (i.e. l'Islam), parmi ceux qui ont reçu le Livre (i.e. les juifs et les chrétiens), jusqu'à ce qu'ils versent le tribut par leurs propres mains, avec une soumission volontaire, après s'être humiliés."
Dans ce dernier verset 29 les juifs et les chrétiens peuvent être épargnés à condition "qu'ils versent le tribut par leurs propres mains, avec une soumission volontaire, après s'être humiliés.". Pour savoir ce que représentent "soumission" et "humiliation" consultez le pacte d'Omar II (717-720) traduit sur:
http://www.bladi.net/forum/159889-pacte-domar/
http://www.islamajesus.com/les-autres-sources-islamiques-f4/le-pacte-d-omar-t209.htm
Bien sûr les musulmans peuvent dire que la Loi d'Amour est le résultat d'une falsification des évangiles. En ce qui concerne l'argument classique de falsification, le paragraphe 2 de la réponse (19/10/2009) à "Nin" sur le forum montre qu'il est inconsistant, puisque même des érudits musulmans le juge ainsi, pour cela cf. le cinquième post du lien:
http://notredamedekabylie.net/FORUM/tabid/60/forumid/1/threadid/383/scope/posts/Default.aspx
Cher Ahamadi, est-ce que ce qui est dit ci-dessus est faux? Si oui montrez nous exactement où. Est-ce de la haine que de donner ces explications en réponse aux très graves accusations que le Coran porte contre les chrétiens? Ne pensez-vous pas que la vérité doit être la base d'un débat?
- 4 "Pourquoi allez vous jusqu'à affirmer que la trinité est dans Le Coran?"
Il est probable que vous faîtes allusion à un passage de l'article le père Zakaria Boutros "La Trinité dans le christianisme (épisode 2)"
http://notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/Réponseschrétiennesauxobjectionsmusulmanes/tabid/81/articleType/ArticleView/articleId/290/Pere-Zakaria-Boutros-La-Trinite-dans-le-Christianisme-episode-2.aspx
relatif à l'exégèse de l' "énigmatique" verset 171 de la sourate 2 "Le Messie fils de Marie est le messager de Dieu, Sa Parole (ou son Verbe) est déposée (ou insufflée) en Marie, Son Esprit émane (ou procède) de Lui" (voir aussi la note [1] de ce texte). Sur ce sujet, l'arabe du Coran étant considéré par les musulmans comme une langue pure, exempte de faute grammaticale, Zakaria Boutros remarque: "Il faut noter que le "mot" kalima (la Parole) en arabe est grammaticalement du genre féminin. Or dans ce texte, exceptionnellement il est défini au masculin, au lieu du féminin, car en effet le texte arabe dit kalimatuhu, le "hu" final signifie Lui, genre masculin. A quoi ceci se réfère? Bien sûr à Dieu, car on a le pronom singulier indiquant la troisième personne, et en arabe il se réfère au plus proche nom, qui est Dieu dans ce cas. Ceci indique que la Parole, ici, ne signifie pas une simple parole pouvant être émise, mais une personne [2]. Donc Jésus est le messager de Dieu et la Parole de Dieu. C'est exactement ce que nous disons le "Christ est le Verbe (la Parole) de Dieu", et "l'Esprit issu de Dieu". Le même "hu en minhu qui veut dire de Lui est un pronom à la troisième personne du singulier, et aussi au masculin. Il doit donc se référer à Dieu. Ainsi Dieu est à la fois Esprit et Parole". La note [2] renforce la démonstration du père Zakaria, en faisant l'analyse grammaticale du verset 45 de la sourate 3: "Mais la grammaire impose que le pronom doit se référer au nom en le précédant, et non en le suivant. Me suivez-vous? Ainsi le "mot" kalima a été défini au masculin, au lieu du féminin. Par conséquent ce n'est pas un mot ordinaire, il doit représenter le "logos" l'intelligence de Dieu. "Sa Parole" signifie l'intelligence de Dieu, la science de Dieu, la conscience de Dieu. Tout ceci en Arabe est au masculin. C'est ce qui est dit dans l'évangile de Jean "Au commencement était le Verbe (la Parole)", dans le texte en Arabe kana ("il était" au masculin) est utilisé, et non pas kanat ("elle était" au féminin). Ainsi considérant l'association des mots "al-kalima kana", kalima (la Parole au féminin en arabe) doit être pris au sens de masculin car suivi de kana ("il était" au masculin), et non pas de kanat ("elle était"). De même pour al-kalima sara (sara "il est devenu" au masculin qui suit al-kalima) et non pas sarat ("elle est devenue" au féminin): "le Verbe (la Parole) est devenu(e)", Ainsi le Coran est en accord avec la Bible. Kalima n'est pas un mot ordinaire, il s'agit de l'intelligence de Dieu, Sa conscience, transfigurée, manifestée, et se montrant à l'humanité. C'est ce que la Sourate 3 dit."
Sur ce point particulier (verset 45 de la sourate 3 et verset 171 de la sourate 2), il n'y aurait donc pas de contradiction entre le Coran et la théologie chrétienne, sinon vous devez montrer que ce que dit le père Zakaria est faux. Par contre, il est évident que, dans le reste du Coran, en référence à la Sainte Trinité, les chrétiens sont traités d'associateurs (mouchrikoun) ce très grave péché étant irrémissible (shirk). Ceci est la raison des quatre articles de Zakaria Boutros, dont l'objet est une explication du contenu de la Trinité à partir des livres canoniques de l'islam. Pourquoi avec ce verset 171 de la sourate 2, cette contradiction avec le reste du Coran? Ceci reste une question intéressante, dont la réponse ne peut être que basée sur des conjectures, donc difficiles à discuter.
Pour que les choses soient claires sachez que pour les chrétiens il n'y a qu'un seul Dieu qui n'a pas d'associé. Les musulmans injurient les chrétiens en reprenant cette accusation récurrente sans fondement.
Plus précisément les chrétiens n'adorent qu'Un Seul Dieu, qui possède trois attributs, correspondant à trois façons de "Se manifester" (ce verbe utilisé par le père Zakaria Boutros, n'étant pas pris dans le sens de l'hérésie du modalisme), chacune consistuant une "Personne divine" en parfaite égalité avec les deux autres. Les chrétiens ne limitent pas la puissance, et la grandeur de Dieu, sur la base de considérations humaines primaires. Des musulmans ouverts ont compris ce que les chrétiens entendent au sujet de la Trinité. C'est le cas du professeur Ahmed Abd El Mo'ty Hegazy, auteur célèbre en Égypte, qui a écrit dans le journal El Ahram du 19 juin 2002 "le christianisme est une religion monothéiste, que la Trinité du christianisme ne signifie pas multiplicité ou pluralité, cela ne signifie pas un dieu multiple, ou plusieurs dieux, mais plutôt ce concept désigne différentes images de la même vérité. Dans cet article du journal El Ahram, il poursuivait dans ce sens en disant que la Trinité est proche de la conception musulmane de l'unicité de la Divinité, et de la multiplicité de Ses attributs personnels, parce que les attributs sont essentiels à la Divinité.
En tant qu'information complémentaire sur la Trinité, nous vous demandons de lire ce que dit Cèdre (kabyle converti au christianisme, qui dévoile la richesse spirituelle de ce concept) à partir de la quinzième ligne de l'article " Cèdre répond à l'affirmation d'un intervenant du forum "Les Kabyles ne sont pas des chrétiens"
http://notredamedekabylie.net/Autresrubriques/ExpressionAwal/tabid/63/articleType/ArticleView/articleId/526/Cedre-repond-a-laffirmation-dun-intervenant-du-forum-Les-Kabyles-ne-sont-pas-des-chretiens.aspx
- 5 Une note pour la clarté de nos échanges avec une confusion à éviter
Une source importante d'incompréhensions dans le dialogue avec les musulmans est dans l'identification d'Issa du Coran avec Jésus de l'Evangile, deux êtres forts différents. Pour nos échanges à venir, et leur clarté, il est important de bien définir cet aspect du vocabulaire.
Dès les premiers siècles les arabes chrétiens ont nommé Jésus, "Yashou" (c'est à dire "Il Sauve"), proche de "Ieschoua" en hébreux, qui se traduit par "Dieu sauve". Sous ces deux derniers noms, qui reflètent la nature profonde de l'être, Jésus se manifeste comme rédempteur, ayant une double nature, Vrai Dieu et Vrai Homme, ce que rejette farouchement le Coran. C'est pour cette raison que le Coran a rejeté Yashou, ce qui a permis au grand théologien du XIème siècle al-Ghazâli, dans son traité de la "Revivification des sciences religieuses", de proclamer: "cent vierges forment sa rétribution au paradis en récompense de sa chasteté sur terre". Le Coran dit que Maryam, la mère d'Issa, est la sœur d'Aaron (sourate 19 verset 28), frère de Moïse, qui vécut quelques 1500 ans avant Jésus-Christ. La mère d'Issa est aussi fille d'Imrân (sourate 26 verset 12, sourate 3 verset 31).
Mais l'un des points importants, qui rend impossible l'identification d'Issa à Jésus, est le fait que l'enseignement de Jésus dans les évangiles, dont le socle est la Loi d'Amour, est en totale opposition avec l'enseignement révélé à Mahomet. Or un prophète ne renie pas l'enseignement de son prédécesseur.
Le paragraphe 3 ci-dessus a défini le contenu de cette Loi d'Amour, et les versets du Coran qui s'y opposent, le verset 45 de la sourate 5 ("La table servie") voyant même là une injustice. Donc quand les musulmans, et certains chrétiens, affirment que Jésus du Nouveau Testament est Issa, et donc le "connaître" (au sens de la lettre de Jean ci-dessous), ils se trompent lourdement. En effet voici ce que l'apôtre Jean dit clairement:
"Et voici par quoi nous savons que nous Le (Jésus) connaissons: si nous gardons Ses commandements (c'est-à-dire si nous les enseignons et les mettons en pratique). Celui qui dit le connaitre et ne garde pas Ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui. Mais celui qui garde Sa Parole, c'est en lui véritablement que l'amour de Dieu est parfait; par là nous connaissons que nous sommes en Lui. Celui qui dit demeurer en Lui doit lui aussi marcher comme Il a marché Lui-même". (Lettre 1 Jean 2;1-4).
De ces considérations résultent deux modèles différents offerts aux fidèles.
Jésus est le Modèle offert aux chrétiens pour les guider dans la pratique de leur religion. Sur cette base les premiers chrétiens ont accepté le martyre en bénissant leurs bourreaux, et priant pour eux. Leur exemple a amené leurs persécuteurs à se convertir, et le christianisme a pu ainsi se répandre, en particulier en absorbant peu à peu l'empire romain. Dans un contexte différent Gandhi a appliqué des principes équivalents de non violence et a obtenu l'indépendance de l'Inde sans violence, et avec l'admiration des anglais. Imiter Jésus est le but fixé à tout chrétien. C'est à quoi est consacré ce beau livre du 15ème siècle "L'imitation de Jésus-Christ" qui a nourri des générations de chrétiens, et qui peut être téléchargé sur http://ijc.reseau.org/index1.html
Le "Beau Modèle" des musulmans est Mahomet, dont la Sira donne la biographie guerrière. C'est sur cette base que l'expansion musulmane s'est faite par la guerre, les comportements associés, avec leurs débordements, étant dans le prolongement de l'attitude du prophète de l'islam décrite dans sa biographie canonique. Ainsi, en particulier, cette biographie raconte qu'il approuva l'exécution de 600 à 900 juifs médinois des Banu Qurayzah, les femmes et les enfants étant réduits en esclavage. Ce fait, et d'autres, sont mentionnés dans les livres de la biographie (Sira) du Prophète (cf. par exemple: Ibn Hishâm, "Al-sirât al nabawiyya" éd. Tadmurf, Beyrouth, Dâr al-Kitâb al'arabî, 1978, Tome III pp. 183-184), ainsi que l'élimination physique des opposants dont la poétesse Asma bint Marwan, le poète Kab ibn al-Ashraf, Sufyan ibn Khalid, Abu Rafi, Abu Afak, Amir ibn Jihash.
C'est en faisant le premier choix pour modèle, ceci en pleine connaissance de ce que représente chacun de ces deux modèles et malgré les risques pour leur vie (crime d'apostasie), que des musulmans sont amenés à se convertir au christianisme, c'est-à-dire à "marcher comme Jésus a marché Lui-même" (Lettre 1 Jean 2;1-4).
Cher Ahamadi, nous comptons sur vous pour nous montrer ce qui est faux dans les points que nous avons évoqués avec cette réponse.
Que Dieu Tout Puissant vous bénisse, et qu'Il nous assiste tous dans la recherche de la vérité.
Notre-Dame de Kabylie