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EXPRESSION/AWAL

Ce site a été conçu dés le départ dans le but de donner la parole aux convertis venus des traditions musulmanes, qui ont forcément un point de vue différent sur la religion qu'ils ont quittée pour adhérer à Jésus Christ et à Sa Bonne Nouvelle (Èvangile signifiant cela). Toutefois les hérétiques qui s'ingénient à concilier la foi islamique et la foi chrétienne nous évitent, et nous sont même hostiles parce que nous déclarons qu'il faut abjurer l'islam pour être chrétien.

Jésus est venu pour NOUS SAUVER, nous libérer. Mais de quoi? Des ténèbres et du péché, pour faire de nous ses frères et des enfants de Dieu. Assurément la doctrine islamique s'est constituée dés le début contre la Rédemption et ne veut pas entendre parler du Dieu d'Amour. Alors disons-le à tous, car c'est là notre foi : le Christ revient dans la gloire pour juger les vivants et les morts, y compris Mahomet.

Celui qui a entendu prêcher l'Evangile et ne confesse pas que Jésus est Seigneur et Fils de Dieu n'est pas son disciple et goûtera à la colère de Dieu: c'est l'Ecriture qui le dit pas le fondateur de ce site. Quant à ceux, prêtres ou simples baptisés, qui renient le Christ devant les hommes, nous savons ce que Jésus en dit: Lc 12, 8-9

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mardi 29 décembre 2009
Dialogue islamo-chrétien. Approche réaliste et objective. Approche idéaliste et subjective
Publié par Christian Mira le mardi 29 décembre 2009 / 05:15 :: 32176 Vues ::Article Rating:: Expression - Awal, Chronique des évènements du dialogue...

12. 2 L'Institut Pontifical d'Etudes Arabes et Islamiques, et les Pères Blancs

Cet institut a été créé en Tunisie par les Pères Blancs en 1926, et a accueilli les remarquables recherches du Père Dagorn. Il a été transformé le 19 avril 1960 en Institut pontifical d’études orientales puis, lors de son transfert à Rome en 1964, en Institut pontifical pour les études arabes, connu par ses initiales italiennes le PISAI, lieu d’études universitaires connu internationalement. Sa vocation est le dialogue interreligieux en permettant de mieux connaître la culture et la foi du monde musulman. Cet objectif est bien sûr éminemment respectable. Le problème est que ce dialogue, sans exigence de réciprocité, s'est maintenant dévoyé en affichant un refus d'évangélisation.

Un exemple de ce refus d'évangélisation est donné par le témoignage de Sr Trees d'Heygere après celui de Sr Marie-Renée Wyseur, au colloque du 7et 8 /12/02 à la rue Friant, Organisé par les Pères Blancs et Soeurs Blanches "L'évolution du dialogue islamo-chrétien en Algérie".  Cette religieuse s'exprime très clairement sur ce sujet: "Il est aussi évident qu'il fut un temps où la fin de l'Evangile de Matthieu: "De toutes les nations, faites des disciples, et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit " fut prise à la lettre. Ceci ne nous a pas aidés au respect et à l'ouverture à la religion de l'autre. Pour ma part, je peux ignorer cette citation de Matthieu, la laisser de côté; je peux aussi me poser la question: mais qu'est-ce que cela veut dire? Il me semble qu'à aucun moment la révélation du Père par Jésus-Christ n'est allée de pair avec une conquête. Le Dieu Père que Jésus est venu nous révéler n'a rien de conquérant, c'est le Père de l'enfant prodigue, c'est le Père qui accepte que son Fils meure sur une croix. Il n'y a aucune preuve de force, aucune contrainte." (http://soeurs-blanches.cef.fr/dheyre.htm).

De son côté le Père Blanc Etienne Renaud, qui se présente comme missionnaire sur son site "Jeter des ponts" ne parle pas d'évangélisation, mais par contre dit que son but est "éveiller les paroissiens (vivant en terre d'islam) aux valeurs spirituelles de l'islam" (http://peres-blancs.cef.fr/renaud.htm). On peut noter aussi que la réponse du PISAI  à  la lettre ouverte des 138 leaders musulmans ne mentionne aucunement, même sous forme très diplomatique, un point important à discuter dans le cadre de la rencontre islamo-chrétienne demandée par les 138: l'abolition du statut de citoyens de seconde zone (dhimmitude) pour les non musulmans en terre d'islam, et la renonciation à la condamnation des apostats (http://www.acommonword.com/index.php?page=responses&item=27).

Les Pères Blancs se sont toujours présentés, avec les dominicains de l'Institut Dominicain d'Etudes Orientales (IDEO) du Caire, comme les spécialistes du dialogue. C'est dans ce cadre qu'Islamochristiana (le bulletin du PISAI) a publié deux recensions très négatives de deux livres écrits sur la base d'une pensée réaliste et objective. Il s'agit de:

- "Le messie et son prophète" du Père Gallez (Islamochristiana, n° 26, 2006,  p.324-330, parution 2007. Le texte d'Islamochristiana et la réponse du Père Gallez sont données dans: http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/vingt.htm. Cet extrait de la réponse du Père Gallez a l'intérêt d'illustrer un aspect de la conception du dialogue selon le PISAI: "cette recension a le mérite de montrer le rejet que, dans certains milieux, rencontre toute approche des événements autre que celle que propose l’orthodoxie musulmane. ….Dès lors, une interprétation autre que celle de la dictée du Coran par l’ange Gabriel à l’oreille de Muhammad devient intolérable. … Il faut s’interdire d’envisager un scénario rationnel, cohérent et inséré dans l’histoire humaine".

- "Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, Des repères pour comprendre" (Ed. L'œuvre, janvier 2008) du Père François Jourdan. Un mois après sa sortie ce livre a été l'objet de recensions très négatives de la part des adeptes de la pensée idéaliste et subjective: dans "La Croix" du7 février 2008 (page 13), et sur le site du "Groupe de recherches islamo-chrétien" (GRIC) http://www.gric.asso.fr/spip.php?article160. Dans cet ouvrage le Père Jourdan, à la fois théologien et islamologue, montre les ambiguïtés, l'absence de consistance du dialogue islamo-chrétien mené actuellement, et les difficultés qui en résultent, dont sa stérilité due à une confusion autoentretenue. Il demande de se dégager de l'affectif pour aborder un travail au niveau que cette entreprise exige. Ces recensions ont été suivies de celle de la revue Islamochristiana (n° 34, Rome, 2008, p. 309-311) où le Père Blanc Etienne Renaud (cité ci-dessus) reproche en particulier à François Jourdan l'absence d'un minimum de sympathie pour l'islam. Ce père ajoute qu'il faut reconnaître dans le Coran "la trace d'une expérience spirituelle très profonde faite par Mohammed" (page 310, ligne 14 à partir du bas).

Alors que les Pères Blancs ont renoncé à l'évangélisation, pour conclure ce paragraphe on peut noter le témoignage intéressant d'un prêtre missionnaire ("Père X") sur la difficulté de son travail en terre d'islam, reproduit sur le site du journal "Le Pélerin": http://www.pelerin.info/article/index.jsp?docId=2354959&rubId=9196

En opposition avec la conception du dialogue vu par les Pères Blancs, on peut retenir ce passage: "«Vous nuisez au dialogue.» Cela m'a été dit par des autorités dans l'Eglise, qui m'accusent de mettre des gens en danger, de provoquer des divisions dans les familles. Un jour, le nonce apostolique m'a reproché mon prosélytisme. «Ce ne serait pas l'Esprit saint qui ferait du prosélytisme? ai-je répondu. Qui mène l'Eglise, sinon Lui? Si je ne porte pas la bonne nouvelle, ma mission de prêtre est inutile. Et si je refuse la confrontation avec les autorités musulmanes, en restant dans les limites qu'elles me fixent, que vaut le dialogue?»".

Le livre "Jean-Mohammed Abd-El-Jalil, témoin du Coran et de l'Evangile" (Cerf, 2005) a été publié sous la direction du Père Blanc Maurice Borrmans. A propos du franciscain marocain Jean-Mohammed Abd-El-Jalil, grand spécialiste de l'islam, mais apostat pour cette religion, connaissant les risques encourus par ce choix, il est très surprenant de le voir qualifié de "témoin du Coran". Cette surprise est d'autant plus grande que ce franciscain a été le rédacteur d'une neuvaine pour la conversion des musulmans (http://iismm.ehess.fr/document.php?id=181), mission maintenant délaissée par les Pères Blancs.

Le Père Borrmans est aussi l'auteur de "Dialogue islamo-chrétien. À temps et contretemps" (avec la collaboration d'Annie Laurent, Ed. Saint Paul 2002), " Prophètes du dialogue islamo-chrétien. Louis Massignon, Jean Mohammed Abd-el-Jalil, Louis Gardet, Georges C. Anawati " (Cerf, 2009). Dans son article "Foi chrétienne et versets coraniques" (Études 2003/7-8 - Tome 399), le paragraphe "Ensemble, chrétiens et musulmans", citant le verset 82 de la sourate 5 (souvent mentionné par les personnes impliquées dans le dialogue islamo-chrétien), verse dans l'ambigüité avec la recherche d'une proximité entre les deux religions. En effet les "nazaréens" (en arabe "naçara") sont assimilés aux chrétiens dans ces termes: "Il est vrai que les chrétiens du Coran (ne seraient-ils que «Nazaréens» ?) y sont présentés avec sympathie et leurs vertus exaltées". Or le verset 83 "Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu'ils ont reconnu la vérité. Ils disent : "Ô notre Seigneur! Nous croyons : inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran)", lève le doute, car lié au refus bien connu de la divinité de Jésus par le judéo-nazaréisme opposé à la foi des apôtres, refus maintes fois exprimé dans le Coran. Pour cette secte l’opposition à la foi des Apôtres est totale. Pour les nazaréens, Jésus n’est pas sauveur et n'a rien de divin. Il est seulement le Messie, né miraculeusement par l’action de l’Esprit en Marie, ce qui est clairement la position du Coran, qui emploie quatre fois l’expression "le Messie-Jésus" En outre cette secte professait une idéologie de guerre universelle, incompatible avec le christianisme, mais compatible avec l'islam. Quand Borrmans dit (avec regret semble-t-il) plus loin: "pourtant, voici que d’autres versets détournent les premiers de ces relations amicales et, par suite, laissent le chrétien perplexe quant au désir de tous de « vivre ensemble »", il ne voit pas que les chrétiens concernés par ces versets malveillants sont ceux de type "apostoliques", et non les nazaréens. Sur ce point il n'y a donc aucune contradiction dans le Coran.

Jean-Marie Gaudeul, ancien responsable du SRI (Service pour les Relations avec l'Islam), est le rédacteur de la revue "Se Comprendre", fondée en 1955, par des Pères Blancs http://www.comprendre.org/But.htm. Il est l'auteur de "Appelés par le Christ, ils viennent de l'islam" (Cerf 1991). Le site http://www.answering-islam.org/Testimonies/gaudeul.htm fait une recension, dont voici des extraits: "Islam et christianisme sont présentés sur un pied d'égalité. …. La faiblesse de cet ouvrage réside dans le fait qu'il considère le christianisme simplement en termes de culture humaine, en le comparant avec l'islam. L'islam et le christianisme sont abordés avec une vision pluraliste. Tous deux sont considérés comme ayant une égale validité en tant que révélation des desseins de Dieu. Bien qu'il existe certainement un certain degré de conscience de Dieu dans l'islam, il ne faut pas confondre cela avec la révélation de Dieu dans le Christ Jésus. L'affirmation de l'Évangile, qu'il n'y a de salut en aucun autre nom que le nom de Jésus, rend une telle parité difficile.  Gaudeul présente les conversions de l'islam au christianisme, et du christianisme à l'islam, comme étant de même nature. Alors que les convertis issus de l'islam affrontent un ostracisme draconien, et même la persécution car l'Islam interdit expressément de changer de foi, le converti issu du christianisme vit librement dans des sociétés pluralistes, sans crainte d'ostracisme social, et de violence physique pour apostasie.."

12.3 Le Cardinal Angelo Scola s'exprime sur le dialogue.

- Analysant la lettre ouverte des 138 leaders musulmans au pape Benoît XVI et aux responsables de différentes confessions chrétiennes, le Cardinal Angelo Scola, Patriarche de Venise, veut voir "entre les lignes une condamnation du terrorisme" (On the other hand, one notes between the lines a condemnation of terrorism) http://www.acommonword.com/index.php?page=responses&item=24. Est-ce que le terrorisme doit être seulement condamné entre les lignes?

- Le 24 avril 2004, en inaugurant à Venise le Studium Marcianum (institution culturelle), le Patriarche de Venise disait "construisons des ponts vers l’islam et défendons-nous contre ceux qui abusent de son nom". Il va beaucoup plus loin lors de son entretien avec Henri Tincq (Le Monde du 20 mars 2005), traitant des rapports entre christianisme et islam, et paru sous le titre "Le métissage entre chrétienté et islam n’est pas une idée naïve". Ainsi lorsque l’interviewer lui parle des communautés chrétiennes du Proche Orient, qui paraissent critiques vis-à-vis de l’islam, la réponse est: c’est à l'Eglise de “trouver des instruments d’éducation pour les communautés chrétiennes qui vivent avec les musulmans ”. A la remarque de Tincq essayant de montrer que c’est l’islam qui devrait bénéficier en priorité de ces instruments d’éducation, il répond que dans le dialogue à égalité qu’il projette, il n’entend pas "exiger à tout prix la réciprocité".

12.4. Vers un syncrétisme islamo-chrétien?

C'est la question que l'on peut se poser en lisant les publications de certains ecclésiastiques engagés dans le dialogue, publications qui portent sur la recherche du sens de la pluralité religieuse. Ils considèrent que la théologie des religions devient une théologie du pluralisme religieux, voire une théologie interreligieuse. L'espoir de ces "spécialistes du dialogue" est de réduire la distance qui sépare les deux religions, par une évolution de la théologie, et d'aboutir à une situation qui facilite les rapports avec les musulmans. Sur la base de la recommandation de la taqqya (dissimulation légale), qui règle les relations avec les infidèles en dar al harb, les interlocuteurs musulmans avanceront l'adaptation de l'islam à la modernité et, comme le fait Tariq Ramadan, diront que la tradition religieuse n'est pas contraire à la modernité. De fait il s'agit d'une "islamisation de la modernité" selon l'expression de Marie-Thérèse Urvoy. En effet la réciprocité est exclue, comme l'illustreront les cérémonies pour les victimes du vol Air France Rio de Janeiro-Paris (cf. § 12), l'islam sera toujours inflexible sur le contenu du Coran, parole de Dieu dans sa matérialité. S'il y a réellement syncrétisme il restera chrétien, car il ne touchera jamais les musulmans.

Faisons un bref examen des déclarations que les publications mentionnées contiennent.

- Père Gilles Couvreur, responsable du Secrétariat pour les Relations avec l'Islam (SRI, dépendant de l'épiscopat de France) jusqu'en 1997, SRI qui tous les étés a organisé du 1er au 8 juillet, une cession de formation sur l’islam, avec cours de théologie islamique. Document de l'enseignement de missiologie, à la Faculté de théologie de l'Université Catholique de Lyon, "Mission et dialogue interreligieux", a été écrit en collaboration avec Jean-Marie Aubert. On peut y lire pages 25-26: "Il faudra reconnaître la parité des Révélations, la parole divine étant essentiellement une, elle revêt des formes différentes dans le Christianisme avec Jésus-Christ, Verbe divin, et dans l'Islam avec le Coran, Parole divine. … L'Islam est une Révélation originale, qui continue la Révélation primordiale de Dieu à l'humanité, sous une forme parfaitement adaptée aux conditions cycliques présentes".

- Père Jacques Dupuis, jésuite belge, professeur à l'Université Grégorienne du Vatican, célèbre "l'autorévélation divine du prophète Mohammed", dans son livre, paru en 1997 aux Éditions du Cerf, sous le titre significatif: "Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux" (présentation http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=1292)

Au sujet de ce livre, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rédigé une "Notification" destinée à "sauvegarder la doctrine de la foi catholique d’erreurs, d’ambiguïtés ou d’interprétations dangereuses", et approuvée par Jean-Paul II le 19 janvier 2000. En particulier, ce document constate que "dans le livre sont contenues de graves ambiguïtés et des difficultés sur des points doctrinaux importants qui peuvent conduire le lecteur à des opinions erronées ou dangereuses. Ces points concernent l’interprétation de la médiation salvifique unique et universelle de Jésus Christ, l’unicité et la plénitude de la Révélation dans le Christ, l’action salvifique de l’Esprit Saint, l’ordination de tous les hommes à l’Eglise, la valeur et la signification de la fonction salvifique des religions".

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20010124_dupuis_fr.html

"La Notification intervient pour souligner la gravité et le danger de certaines affirmations qui, tout en semblant modérées et, précisément à cause de cela, risquent d'être considérées avec hâte et ingénuité comme compatibles avec la doctrine de l'Eglise, notamment de la part de personnes sincèrement engagées dans la réussite du dialogue interreligieux. Dans le contexte actuel d'une société qui s'avère toujours plus multi religieuse et multiculturelle, l'Eglise ressent avec urgence le besoin de manifester avec conviction son identité doctrinale et de témoigner dans la charité, de sa foi inébranlable dans Jésus-Christ, source de vérité et de salut".

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20010312_dupuis-2_fr.html

Comme suite à cette Notification, voici ce que dit le site http://www.culture-et-foi.com/nouvelles/articles/jdupuis.html: "Pendant deux ans et demi, Jacques Dupuis fut réduit au silence sur ces points controversés. Mais progressivement s’amorça une nouvelle étape. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi rédigea un texte que le théologien jésuite devait signer pour recouvrer son droit de parole et de publication. D’abord il refusa parce qu’on imputait à son livre «de très graves erreurs contre la foi». Enfin au mois de décembre, il signa une version nouvelle après consultation de ses supérieurs: «Ils me convainquirent que c’était ce que je devais faire afin de poursuivre mon travail théologique et être loyal à l’Église et, avec une certaine répugnance, j’ai signé.» Répugnance parce que le ton du texte, qui n’invite pas du tout au dialogue, et certaines formulations dures à l’égard des religions non-chrétiennes ne pouvaient certes pas lui plaire. À remarquer toutefois qu’on ne parle plus de graves erreurs dans son livre, mais de graves ambiguïtés".

- Michel Cuypers, chercheur à l'Institut dominicain d'Études orientales (IDEO) du Caire a publié en 2007 "Le Festin. Une lecture de la sourate al-Mâ’ida" (Collection « Rhétorique Sémitique» n°3. Paris : Lethielleux). Au sujet de cette sourate cet auteur voit un lien avec la Cène en disant: "la péricope de al-Mâ'ida, du fait qu'elle reprend nombre d'éléments du chapitre 6 de l'évangile selon Saint Jean, doit être lue à la lumière de ce texte". Alors que le Coran récuse les écritures chrétiennes comme falsifiées.

- Monique Aebischer-Crettol, épouse d'un pasteur réformé, a publié en 2001 "Vers un œcuménisme interreligieux, Jalons pour une théologie chrétienne du pluralisme religieux" (Paris, Éditions du Cerf). Dans la préface, le Père Claude Geffré défend la nouvelle théologie des religions dans ces termes: "Il est en tout cas certainement injuste de soupçonner le relativisme des théologiens qui tout en reconnaissant le caractère complet et définitif de la révélation dont Jésus est le témoin, soulignent en même temps qu’elle est limitée dans la mesure où elle n’épuise pas la plénitude de la vérité qui est Dieu".

13 Vers une liturgie islamo-chrétienne?

13.1 Cérémonie interreligieuse à Notre-Dame de Paris

Cette cérémonie a eu lieu à Notre-Dame de Paris à la suite de l'accident du vol Rio de Janeiro-Paris AF 447. Voici ce que dit le site de "La Croix" (http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2375412&rubId=788) le 03/06/2009: "Mohammed Moussaoui, président du CFCM, a adressé des paroles de soutien et de compassion aux familles et aux proches des victimes, avant de chanter la première sourate du Coran, qui en sept versets condense l’essentiel de la foi musulmane".

Il faut noter que, dans cette sourate 1, "Al-Fâtiha", le verset 7 est une insulte aux chrétiens: "la voie de ceux à qui Tu as donné Tes bienfaits, qui ne sont ni l'objet de Ton courroux, ni les égarés."

La note 1 du livre "Le Coran" traduit par Régis Blachère (islamologue très connu pour avoir produit la meilleure traduction du Coran) dit : " Une Tradition que l'on fait remonter jusqu'au Prophète dit que les "les égarés" désigne les chrétiens, et que ceux qui sont l'objet du courroux sont les juifs". Dans l'édition Maisonneuve & Larose (2005), la sourate 1 est donnée page 29 avec la note relative au verset 7. Ici "Tradition" (avec T majuscule comme indiqué par Blachère) concerne ce qui est appelé "Tradition prophétique: hadiths", textes canoniques reconnu comme textes fondateurs avec le Coran, la Sira (biographie de Mahomet), écrite 100 ans après, constituant les troisièmes textes canoniques. De son côté Mgr Vingt-Trois a lu un extrait du Petit Prince de Saint-Exupéry.

La réciprocité étant exclue du côté musulman, la Mosquée de Paris avait organisé, mercredi 3 juin en début d’après-midi, une cérémonie "non interreligieuse", avec la prière dite de "l'absent" à la suite de la prière du milieu du jour. Par leur présence à Notre-Dame, les musulmans ne peuvent qu'encourager le relativisme chrétien, mais restent inflexibles en ce qui concerne leur foi et leur liturgie, ce dont on ne peut les blâmer. Cela est cohérent et respectable dans le sens où une religion, dans un lieu dédié à son culte, ne se commet pas avec d'autres croyances dans une réunion de type syncrétique. Avec la cérémonie de la Grande Mosquée de Paris, son Recteur a appliqué dignement les préceptes de sa religion.

13.2 Crèche islamo-chrétienne en Suisse

Les créateurs de cette crèche, exposée cette année dans l’église du Sacré-Coeur de Bellinzona en Suisse, affirment que le fruit de leur inspiration apportera aux paroissiens une occasion de réfléchir sur la tolérance et sur les Droits de l’Homme.

http://www.bivouac-id.com/2009/12/24/suisse-leglise-accueille-une-%20creche-aux-minarets/

Installées près de l’autel principal, six tours blanches de deux mètres de haut surmontées de croissants islamiques entourent un baptistère où repose l’Enfant-Jésus et devant lequel on a posé un livre ouvert présentant en parallèle des versets du Coran et une citation de l’Évangile.

Le responsable franciscain de cette paroisse justifie cette crèche en disant: "ici on parle de fraternité et de Droits de l’Homme". Son concepteur s'exprime clairement sur l'évangélisation: "Saint-François a recherché le dialogue avec l’islam, sans prétendre vouloir convertir, mais avec la volonté de résoudre un conflit d’une façon pacifique". Déclaration surprenante, car en 1212, François a été au Maroc en vue de convertir le souverain almohade, et les musulmans.

13.3 Pèlerinages islamo-chrétiens.

- a) Pèlerinage islamo-chrétien du 23 mai 2009 à Chartres

Le GAIC, organisateur de ce pèlerinage, se définit ainsi (http://www.legaic.org/ ): "Constitué de croyants, chrétiens et musulmans, le Groupe d'Amitié Islamo-Chrétienne s'est donné pour mission de contribuer au développement d'une meilleure connaissance mutuelle des communautés chrétiennes et musulmanes et de promouvoir les valeurs éthiques et spirituelles communes à l'islam et au christianisme dans le cadre d'une laïcité ouverte". Cet objectif est respectable, mais son orientation est mieux identifiée avec les éléments qui suivent.

- Dans l'article http://www.legaic.org/article.php3?id_article=105 l'héritage chrétien de l'Europe est contesté

- Dans la rubrique "Brèves" (colonne de gauche de la page d'accueil) sur sept articles six sont consacrés à Gaza.

- Sur http://www.legaic.org/article.php3?id_article=56 le Discours du Pape Benoît XVI à Ratisbonne est dénoncé.

Cette rencontre interreligieuse a bien été largement présentée comme un pèlerinage islamo-chrétien sur de nombreux sites dont celui du Diocèse d'Evry-Corbeil-Essonnes, et:

http://www.gric.asso.fr/spip.php?breve111

http://209.85.229.132/search?q=cache:mGchJLgLTM0J:catholique-evry.cef.fr/IMG/pdf/Infos_SDRI91_Avril_09.pdf+gaic+chartres+pélerinage&cd=3&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

http://209.85.229.132/search?q=cache:j_chkwGMYvMJ:www.le-sri.com/Lettre98.pdf+gaic+chartres+pélerinage&cd=9&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

http://lesamisdelapaix.blogspot.com/

Le site du Service des Relations avec l'Islam (http://www.le-sri.com/Lettre.htm) l'annonçait ainsi: "Pèlerinage islamo-chrétien à Chartres sur les pas de Marie, avec marche, visite guidée sur les lieux et leur symbolique et itinéraires spirituels d'une chrétienne et d'une musulmane".

Un pèlerinage est un acte de culte, qui implique de prier ensemble, et qui est lié à une dogmatique bien définie. Or deux dogmatiques incompatibles, avec des modèles aussi différents que Jésus, et Mahomet Prophète guerrier (cf. ci-dessus le paragraphe 4) ne peuvent pas coexister.

- b) Pèlerinage islamo-chrétien en Côtes d’Armor, au Vieux-Marché

On doit ce pèlerinage à Massignon, qu’il greffa en 1953 sur le vieux Pardon des Sept Saints Dormants d’Ephèse. Il s'agit des jeunes gens emmurés sous Decius, et ressuscitant trois siècles plus tard. Les musulmans évoquent ce fait dans la Sourate 18 du Coran.

http://saintbrieuc-treguier.catholique.fr/Le-Professeur-Massignon-sur-les

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sept_Dormants_d'Éphèse

13.4 Textes de prières communes.

Ces textes figurent dans le long document "Chrétiens et Musulmans: Prier ensemble ?", édité par la Conférence des Eglises Européennes, et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes.

http://www.cec-kek.org/Francais/PrayingtogetherF.pdf

où une liturgie est proposée pour une rencontre interreligieuse, dont voici un extrait:

On allume les bougies près du Coran et de la Bible

Ouverture : Lecture de la Fatiha

Récit tiré de la vie du Prophète

Chant sur la venue du Prophète

8 courtes prières pour la méditation

Le Notre Père avec des commentaires musulmans

Rite du partage des dates et du pain

(Les Croyants, chrétiens et musulmans, rassemblés en cercle, se passent le pain et gardent un morceau avant de le donner au voisin. Ils font de même avec le plateau de dates. Ils se souhaitent mutuellement « Paix » Al-Salaam”

 Dans ce document, parmi les textes chrétiens et musulmans à lire pour des réunions communes, on note: des textes de la tradition sufi, la Fatiha, le verset13 de la sourate 49, le verset 255 de la sourate 2, les litanies des 99 noms de Dieu. Pour la sourate Al-Fâtiha qui, au verset 7, traite les chrétiens "d'égarés", et les juifs "objet du courroux divin", cf. le paragraphe 12.1. Pour les litanies des 99 noms de Dieu, celui qui est essentiel pour les chrétiens "Amour" est absent, car cet attribut est ignoré par l'islam. Par contre y figurent: Djabbar, que les arabes traduisent par "Celui qui contraint par la violence", Mutakabir (altier, orgueilleux), Qahhar (Celui qui soumet, qui asservit), Fattah (soit Celui qui juge, soit Celui qui donne la victoire), contradictoires avec l'idée de Dieu chez les chrétiens. De son côté la revue "Se comprendre" consacre un article de son numéro de novembre 1999 au sujet "Prier avec les musulmans?" http://www.comprendre.org/99_09.htm, thème de réflexion de la Commission pour les Rapports Religieux avec les Musulmans (CRRM). On y trouve les affirmations suivantes:

- "La question d'une prière commune possible avec les musulmans s'insère dans l'ensemble de l'effort vers un dialogue islamo-chrétien. … Plus précisément, la prière commune entre chrétiens et musulmans est partie intégrante d'une rencontre spirituelle plus large".

- "On pourrait citer toute une liste des «Plus Beaux Noms de Dieu» qui sont l'héritage commun des musulmans et des chrétiens et qui semblent prouver à l'évidence la possibilité, voire la nécessité d'une démarche commune de prière".

- "En premier lieu, il faut mettre la récitation du Coran et sa méditation dans le silence du cœur pour rendre la Parole de Dieu présente dans la vie. A partir d'elle, la piété musulmane a développé une des formes de prière les plus belles et des plus accessibles au non musulman: la méditation des plus Beaux Noms de Dieu, accomplie en privé à l'aide du chapelet de 99 grains ou en commun notamment dans les cercles confrériques".

****Mise à jour du 23/02/2010 ****

Dans le n° 110 (décembre 2009), la revue trimestrielle "Sedes Sapientiae" http://www.chemere.org/accueil.html?http://www.chemere.org/sedes_sapientiae.html, éditée par les dominicains de Chémeré-le-Roi, a fait paraître un article de Mme Annie Laurent qui analyse le livre de Christian Salenson "Christian de Chergé. Une théologie de l'espérance". Il s'agit d'un exemple de cette forme implicite de "théologie islamo-chrétienne", issue de la "théologie chrétienne des religions" enseignée dans les Instituts de Science et Théologie des Religions, avec l'appui du Service des Relations avec l'islam (SRI). Ce court extrait de cette recension est édifiant à plus d'un titre:

"Dès lors que l'islam est considéré comme venant de Dieu, rien ne s'oppose à ce qu'un chrétien le mêle à son expérience spirituelle. C'est ainsi que le père de Chergé faisait sa lectio divina dans la Bible et dans le Coran, pratiquant entre les deux livres l'intertextualité, explique l'abbé Salenson: "Il les commente l'un par l'autre! Il n'oppose pas les textes, faisant valoir l'un par opposition à l'autre. [...] Il les fait jouer l'un sur l'autre, si bien que l'un sert à la compréhension de l'autre et réciproquement" (p. 99). Et cette façon de procéder inspire au père de Chergé une étrange christologie: il faut recevoir le Christ de l'islam. "Je suis sûr que le Christ du Coran a quelque chose à voir avec celui de notre foi" (p. 126). Il va jusqu'à écrire que le Fils est "le seul vrai musulman" car il n'a été que oui à la volonté du Père (p. 127). [...]

Voir l'Eglise à la manière des pères de Chergé et Salenson conduit à remettre en cause le sens de sa mission évangélisatrice. Pour le prieur de Notre-Dame de l'Atlas, l'élargissement de la communauté ecclésiale hors des ses frontières visibles permet d'exorciser "au mieux les relents de prosélytisme et cette idée fixe qui tend à réduire la conversion au passage d'une religion à l'autre" (p. 141)"

Sous le titre "Un aperçu de la doctrine de Christian de Chergé", qui reproduit cet extrait de "Sedes Sapientiae" dans la rubrique "Bibliographie. A lire et à découvrir" http://notredamedekabylie.net/Bibliographie/Alireàdécouvrir/tabid/95/articleType/ArticleView/articleId/563/Un-appercu-de-la-doctrine-de-Christian-de-Cherge.aspx

le fondateur de "Notre-Dame de Kabylie" note: "celui dont certains veulent faire une icône et un saint, est diamétralement opposé à notre démarche de conversion......! Avec lui nous n'avions pas besoin de rejoindre le Christ et Son Eglise".

 

****Fin de la mise à jour****

14. Conclusion

Dans les paragraphes 3 à 5 de la lettre encyclique "Mortalium Animos", Pie XI condamnait déjà les prières œcuméniques. A ma connaissance les textes de Vatican II n'ont rien changé à cette position de l'Eglise. Ainsi à la réunion d'Assise (24/01/2002), tout syncrétisme a été soigneusement évité: il s'agissait d'être ensemble pour prier, non de prier ensemble. Rien n'avait été laissé au hasard pour que chacun dispose séparément d'un lieu où prier dans son rite. Mais c'est ensemble que les représentants des religions ont appelé les hommes à l'unité et à la paix, et condamné le terrorisme. Ceci signifie que si les rencontres interreligieuses sont très utiles pour se mettre d'accord sur certains thèmes et oeuvrer au bien commun, il faut cependant rejeter la "prière ensemble" (paragraphe 12), source de confusion et de relativisme. Notons que les réunions visées par cette encyclique ne concernaient que des religions se réclamant toutes de Jésus-Christ! Etendre ces réunions, condamnées par Pie XI, aux non-chrétiens était à l’époque tout à fait impensable.

En 2006, le pape Benoît XVI a placé le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, son principal instrument de communication avec le monde musulman, sous la tutelle du Conseil Pontifical de la Culture, et démis son président, Mgr Fitzgerald, muté au Caire. Cette décision a été interprétée comme un désaveu du dialogue interreligieux. En fait pour le Pape, dans le dialogue avec l'islam, loin devant les questions théologiques, les aspects pratiques sont les plus importants, tels que: commandements de la loi naturelle, nécessité de ne pas se servir du nom de Dieu pour se livrer à la violence, reconnaissance de la parité entre homme et femme, égalités des droits pour les non musulmans vivant en terre d'islam, liberté religieuse, droit de changer de religion. Le dialogue interreligieux n'est pas désavoué, il est simplement replacé dans le cadre de ses aspects prioritaires, sur la base d'une approche réaliste et objective des questions que ce dialogue implique. Comme lors de la leçon de Ratisbonne, la référence du Pape est un "dialogue des cultures" orienté vers les répercussions culturelles, et éthiques, résultantes pour les différentes religions.

Dans l'article "Le dialogue islamo-chrétien: du principe à la réalité", in Catholica (http://www.catholica.fr/), n° 106, hiver 2009-10, pages 73-90, Marie-Thérèse Uvoy traite ce problème des dérives du dialogue, à un niveau supérieur, celui d'une islamologue réputée, associé à une érudition théologique sûre. D'autres éléments d'information importants sont fournis sur: la genèse du dialogue, ses modalités et sa réalisation, dont la nouvelle théologie résultante qui se développe, avec ses écritures, ses prophètes, une liturgie associée, ses relais médiatiques, et pour conséquence le risque d'uniformisation de la pensée. La lecture de cet article est fortement recommandée pour les personnes engagées dans le dialogue islamo-chrétien.

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