7. Première accusation faite aux chrétiens: falsification de la Bible
Contre les arguments des paragraphes 2-4 ci-dessus, les musulmans opposent la falsification de la Bible par les juifs et les chrétiens. Ainsi, en particulier, la Loi d'Amour et ses implications résulteraient implicitement d'une altération de l'Evangile, puisque le verset 45 de la sourate 5 juge "injustes" ceux qui l'appliquent. Il en est de même de l'annonce de Mahomet (désigné par Ahmad), que les chrétiens auraient censurée dans l'Evangile original, comme indiqué dans l'article "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?", analyse d'un livre souvent cité sur les sites islamiques."
http://www.notredamedekabylie.net/Autresrubriques/ExpressionAwal/tabid/63/articleType/ArticleView/articleId/476/La-Bible-atelle-annonce-la-venue-de-Mohammed-analyse-dun-livre-souvent-cite-sur-les-sites-islamiques.aspx
Dans son livre "Essais sur les origines des Touareg", Hureiky dit (page 636) qu'il est probable que le Coran a considéré les écrits mandéens comme des évangiles qui annonçaient la venue d'Ahmad. En effet le Guinza Rba annonce la venue d’un prophète nommé Ahmat. Le livre d'Hureiki montre comment, sans plus de façon, Mahomet assimile Ahmat à Ahmad (qui signifie "le très glorieux", ou "le très loué"), nom qu’il se donne dans le verset 6 de la sourate 61 du Coran. Dans l'écrit mandéen Ahmat est en réalité le fils du magicien Bisbat, Ahmat Bar Bisbat, mais ceci sera escamoté pour ne pas ruiner l'équivalence. Il y a là un autre exemple de réinterprétation des "matériaux" du mandéisme, notée par Hureiki.
Ce sujet est aussi traité, sous un angle différent, dans l'article "Annonce de Mahomet" de l'islamologue universitaire Marie-Thérèse Urvoy:
http://notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/DuvocabulairedelIslam/tabid/97/articleType/ArticleView/articleId/413/Annonce-de-Mahomet-par-MarieTherese-Urvoy.aspx
Ce paragraphe va montrer que l'argument de falsification est incohérent, et est même rejeté par certains exégètes musulmans (mufassirūn).
- 7a. Preuves de l'inconsistance de l'accusation par les manuscrits anciens.
Le Codex Sinaïticus (IVème siècle, déposé au British Museum de Londres), l'un des cinquante exemplaires de la Bible grecque envoyées par Eusèbe de Césarée à l'empereur Constantin Ier au IVème siècle, et le Codex Vaticanus superbe document du IVème siècle, déposé au Vatican. L'hypothèse de la falsification, dont la censure de l'annonce de Mahomet dans l'Evangile, aurait été envisageable sans l'existence de ces anciens documents, historiquement et scientifiquement établie par des savants de différentes disciplines et différentes nations, pas forcément chrétiens. Leur existence invalide cette accusation. Jusqu'à présent les savants musulmans n'ont pas réussi à prouver que ces documents sont des faux.
- 7b. Les sources syriaques.
Avant le IVème siècle, les sources syriaques témoignent du judéo-christianisme et des évangiles. Autour du thème fondateur de la restitution des sources ethnologiques et orales araméennes antérieures aux évangiles grecs et latins; les livres de Pierre Perrier, dont "Les colliers évangéliques" volumes 1 et 2·(Sarment juillet 2003), le montrent.
- 7c. Ce que disent des exégètes musulmans (mufassirūn)
Le Père Zakaria Boutros traite ce sujet dans l'article " Non falsification de la Sainte Bible: Témoignage de théologiens musulmans".
http://notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/Réponseschrétiennesauxobjectionsmusulmanes/tabid/81/articleType/ArticleView/articleId/522/Non-falsification-de-la-Sainte-Bible-Temoignage-de-theologiens-musulmans-par-le-pere-Zakaria-Boutros.aspx
De cet article il est intéressant d'extraire les éléments qui suivent, prouvant l'inconsistance des accusations de falsification.
- L'imam Fakhr El-Din Al-Razy, célèbre théologien et philosophe sunnite persan du 12ème siècle, dans son exégèse (Tafsir) du verset 174 de la sourate 2 "La Vache" (Al-Baqarah), dit: "Ibn Abbas rapporte: «ils ont modifié la Torah et la Bible: ceci est impossible parce que ces livres ont été si largement répandus et connus, que de telles modifications sont irréalisables".
- Dans son exégèse du verset 78 de la sourate 3 "La Famille de Imran" (Al-'Imrân), il ajoute: "comment la falsification de la Torah aurait pu se produire avec un livre aussi répandu?
- Il dit également dans son exégèse du verset 46 de la sourate 4 "Les Femmes" (An-Nisâ'): "L'accusation de falsification est sans fondement"..
- Dans le livre "Al-helal" (Le Licite), sous le titre: "Les trésors de la vallée de Qumran", l'écrivain égyptien Abbas Mahmoud Al-Akad (20ème siècle) écrit: "Ces fragments de manuscrits archéologiques ont été découverts dans l’une des grottes de la vallée de Qumran, à l’Est de la Jordanie… fragments datant de 2000 ans (c’est à dire antérieurs à l’apparition de l’Islam - plus de 600ans avant!)…. Après leur diffusion pour une étude approfondie, il est apparu qu'ils contenaient une copie complète du livre d’Isaïe… et de beaucoup d’autres livres saints. Ces livres montrent qu'il n'y a aucune différence entre eux et les éditions actuelles des livres saints". [Livre Al Helal, édition décembre 1999, (the opening editor)].
- Dans "Le matin de l’islam" (Doha Al- Islam) 1ère partie, page 358, Ali Amen dit: "Un groupe d’experts en étude des révélations et spécialisés en jurisprudence et linguistique, ont été d’accord pour dire que la modification se trouvait dans l’interprétation et non dans le texte révélé. Ils ont soutenu que la Torah était si largement répandue à l’Est comme à l’Ouest (avant la naissance de Muhammad et du Coran) que personne ne connaît le nombre de ses copies, excepté Dieu. Par conséquent toute connivence pour des altérations et modifications dans toutes les copies est strictement impossible. Dans le cas contraire, pas une seule copie dans le monde aurait échappé à l'altération, et à la modification, donc l'altération aurait été uniforme partout? Ceci est logiquement impossible, et toute personne raisonnable ne peut pas accepter une telle assertion".
8. Seconde accusation: les chrétiens sont des "associateurs"
A propos de la Trinité (un Seul Dieu en trois personnes), les musulmans disent: "Ils ont fait de Jésus un associé de Dieu, donc pour nous les chrétiens sont des polythéistes". Cette affirmation, bien ancrée dans l'esprit de la plupart des musulmans, est fausse. Pour les chrétiens il n'y a qu'un seul Dieu qui n'a pas d'associé. Les musulmans injurient les chrétiens en reprenant cette accusation récurrente sans fondement.
Plus précisément les chrétiens n'adorent qu'Un Seul Dieu, qui possède trois attributs, correspondant à trois façons de "Se manifester" (ce verbe, utilisé par le père Zakaria Boutros, n'étant pas pris dans le sens de l'hérésie du modalisme), chacune consistuant une "Personne divine" en parfaite égalité avec les deux autres. Les chrétiens ne limitent pas la puissance, et la grandeur de Dieu, sur la base de considérations humaines primaires.
Des musulmans ouverts ont compris ce que les chrétiens entendent au sujet de la Trinité. C'est le cas du professeur Ahmed Abd El Mo'ty Hegazy, auteur célèbre en Égypte, qui a écrit dans le journal El Ahram du 19 juin 2002 "le christianisme est une religion monothéiste, que la Trinité du christianisme ne signifie pas multiplicité ou pluralité, cela ne signifie pas un dieu multiple, ou plusieurs dieux, mais plutôt ce concept désigne différentes images de la même vérité. Dans cet article du journal El Ahram, il poursuivait dans ce sens en disant que la Trinité est proche de la conception musulmane de l'unicité de la Divinité, et de la multiplicité de Ses attributs personnels, parce que les attributs sont essentiels à la Divinité.
Le père Zakaria Boutros explique ceci dans ses articles, dont:
http://notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/Réponseschrétiennesauxobjectionsmusulmanes/tabid/81/articleType/ArticleView/articleId/143/QUI-EST-LE-CHRIST-2-par-le-Pere-Zakaria-BOUTROS.aspx
où il dit: "Le Christ est Dieu manifesté dans la chair, le Verbe (la Parole), ou l'intelligence de Dieu, manifesté dans la chair, de la même façon que le Coran dit que Dieu s'est révélé à Moïse par l'intermédiaire d'un arbre (Sourate 28, versets 29-30, Sourate 20, verset 9), et d'une montagne (Sourate 7, verset 143), et donc que Dieu s'est manifesté matériellement. C'est pourquoi nous affirmons que Dieu s'est révélé en tant qu'homme, et ceci ne devrait pas être considéré comme un blasphème par les musulmans, car cette affirmation n'implique pas qu'il y ait d'autre divinité que Dieu". En effet si Dieu s'est manifesté via un arbre, et une montagne, pourquoi ne se serait-Il pas manifesté au sein du sommet de Sa création: l'homme.
Les musulmans nient aussi la crucifixion rédemptrice de Jésus, qui ne se comprend que comme signe tangible que Dieu est AMOUR, ce qu'ignore l'islam. Le père Zakaria l'explique dans l'article "La justice de Dieu, Sa miséricorde et le concept de la Rédemption"
http://notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/Réponseschrétiennesauxobjectionsmusulmanes/tabid/81/articleType/ArticleView/articleId/298/Pere-Zakaria-Boutros-La-justice-de-Dieu-Sa-misericorde-et-le-concept-de-la-Redemption.aspx
Zakaria Boutros introduit ainsi le sujet: "Dieu est juste, et Sa justice est une justice absolue. Mais Il est miséricordieux, et Sa miséricorde est une miséricorde absolue. Par nature Il est souverain dans ses décisions. Etant juste Il a jugé le pécheur et émis une sentence de mort, mais étant miséricordieux, Il devait manifester Sa clémence pour ce pécheur. … Si la justice est accomplie, alors il n'y a plus de miséricorde. Et si la miséricorde est accomplie, alors il n'y a plus de justice. C'est pourquoi toute l'histoire de la rédemption consiste à la fois à répondre à la nécessité de justice et à manifester la miséricorde de Dieu pour l'homme". La solution de ce dilemme est donnée dans cet article sous forme d'une belle allégorie, explicative du "mystère" de la Rédemption. Avec cette allégorie, Zakaria Boutros apporte la preuve que le mot mystère a le sens du Nouveau Testament, et non le sens d'aujourd'hui, i.e. quelque chose d'incompréhensible et de totalement fermé à l'intelligence humaine. C'est tout juste le contraire dans la langue du Nouveau Testament, comme le montre Tresmontant dans "L’histoire de l’Univers et le sens de la Création", en disant que le mot grec mustèrion, traduit par mystère, est la traduction d'un mot araméen, raza, qui signifie le secret: "Le mystère, dans la langue du Nouveau Testament, n'est pas quelque chose de fermé à l'intelligence humaine. C’est, au contraire, un secret que Dieu communique, un dessein secret qu'il nous donne à connaître".
De façon plus générale il faut noter que les chrétiens ne sont pas épargnés par les musulmans qui, sur la base du Coran parole de Dieu dans sa matérialité, voient dans les chrétiens des "pervers" (fasiqoun), "injustes" (zalimoun), "imposteurs" (moukazziboun), "égarés" (daloun) "associateurs" (mouchrikoun) leur péché étant irrémissible (shirk), "corrupteurs" (moufsidoum), "hypocrites" (mounafiqoun), "insensés" (soufahaa) parmi les 24 qualificatifs peu sympathiques répertoriés pages 68-69 de "Vivre avec l'islam" (Editions Saint-Paul 1997). De même le verset 6 de la sourate 98 n'est pas tendre avec les associateurs (les chrétiens): "Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les associateurs iront au feu de l'Enfer, pour y demeurer éternellement. De toute la création, ce sont eux les pires". Seuls sont "croyants" ceux qui adhérent à la vérité du Coran, les autres sont les "infidèles".
9. La question de l'apostasie
Le recueil de hadiths (communications orales du prophète de l'islam) Sahih al-Bukhari (hadiths réunis par l'Iman Muhammad ibn Ismail al-Bukhari, 810-870) donne deux d'entre eux qui traitent la question de l'apostasie:
- "J’ai entendu le prophète dire, “à la fin des temps, apparaîtront de jeunes gens aux idées folles. Ils parleront bien, mais ils sortiront de l’islam comme une flèche sort de son jeu, leur foi ne dépassera pas leur gorge. Ainsi, partout où vous les trouvez, tuez les, il y’aura une récompense pour ceux qui les tueront au jour de la résurrection." Sahih al-Bukhari Volume 6, livre 61, Numéro 577.
- "Celui qui abandonne sa religion islamique, tuez-le." (Sahih al-Bukhari Volume 4, Livre 52, Numéro 260).
L'argument de la pensée idéaliste, qui veut montrer l'absence d'autorité de ces textes, consiste à dire que cette sanction ne figure pas dans le Coran. Il y a là une volonté d'ignorer que, parmi les recueils de hadiths, six sont considérés comme authentiques (sahih) chez les sunnites, on les appelle les six sahîh (al-sihah al-sitta), la chaîne des témoins ayant été reconnue comme irréprochable. Deux d'entre eux sont considérés comme "excellents": le sahih d'Al Boukari et le sahih de Muslim. C'est cette "excellence" du Sahih al-Bukhari qui a permis de faire figurer la sanction de l'apostasie dans la constitution de certains pays musulmans, exemple:
Article 306 de la Constitution de Mauritanie: "Chaque Musulman coupable du crime d'apostasie, soit par mot ou par action, sera invité à se repentir sur une période de trois jours. S'il ne se repent pas dans cette limite du temps, il sera condamné à mort comme un apostat et sa propriété sera confisquée par la Trésorerie."
10. L'action psychologique dans le Coran
C'est le titre du livre (Cerf 2007, collection "Patrimoines- Islam") de Dominique et Marie-Thérèse Urvoy. Ces auteurs analysent un trait caractéristique de l'islam qui est la certitude du croyant, trait psychologique qui s'est imposé comme valeur suprême, jusqu'aux penseurs les plus rationalistes. Pour cela ils montrent comment le texte du Coran, fondement de la foi musulmane, et sa structure interviennent dans la formation de cette certitude. Ainsi via la succession des versets, le texte procède par inférence sur la base de présupposés non explicités, et témoigne de visées pédagogiques spécifiques, l'argumentation jouant souvent sur des mécanismes de psychologie sociale. Le quatrième de couverture ajoute:
"Le livre de ces auteurs montre que le choix d'une certaine organisation des versets va de pair avec une volonté de faire dire à ces versets plus qu'ils ne disent isolément. S'y unissent donc les deux problématiques de l'analyse littéraire globale et de l'étude des mécanismes mentaux formateurs de la certitude psychologique du croyant. On étudie successivement les répercussions mentales des effets d'accélération (harcèlement et auto-exaspération du locuteur), des effets structurels (répétition à l'identique ou avec amplification), des procédés subliminaux (thèmes instillés subrepticement) et des projections d'une preuve d'un thème sur un autre. La plupart du temps, ces procédés d'action psychologique sont mis en œuvre pour soutenir l'image du prophète qui constitue la seconde moitié de la Profession de foi".
Notons aussi le livre de ces deux auteurs "Abécédaire du christianisme et de l’islam. Précis de notions théologiques comparées" (Editions de Paris, 2008), qui fournit une connaissance exacte du support spirituel et dogmatique de l'islam. Il s'agit d'une information de base pour une réflexion réaliste et objective destinée aux chrétiens engagés dans le dialogue islamo-chrétien, qui trop souvent ne font pas attention à la signification et à la portée réelle des mots qu'ils emploient. Souvent l'ambigüité masque des difficultés importantes, que l'on veut passer sous silence afin de se situer dans le "religieusement correct".
11. Les musulmans libéraux
Ces musulmans oeuvrent pour que l'islam communique un message uniquement spirituel. Malheureusement la pensée idéaliste et subjective les exclue du dialogue. Compte tenu des risques qu'ils courent, ils sont peu nombreux. Citons trois d'entre eux. Le soudanais Mahmoud Mohamed Taha, de formation soufie, voyait la source du Coran limitée uniquement à celle de la période mecquoise. Ainsi il a essayé en 1967 de proposer l'abandon de pans entiers du Coran. Inversant la règle de la "doctrine de l'abrogation", il considérait "abrogée" toute la partie du Coran révélée à Médine, dans la mesure où elle apporte des règlements particuliers outrepassant le message général de la période mecquoise. Taha ramenait la question religieuse au niveau de la seule foi, et montrait les risques résultant d'un attachement aux prescriptions. Considéré comme apostat envers la parole de Dieu, il a été exécuté. Dans le même sens et dans la première moitié du 20éme siècle Ali Abd al-Raziq défendait l'idée que l'islam doit être un message uniquement spirituel et moral. Il mettait en cause la notion d'état musulman par une analyse radicale, véritable appel à la laïcité, ce qui l'a conduit à finir sa vie au ban de la société. Le professeur d'études islamiques Nasr Hamid Abu Zayd', l'un des théologiens libéraux les plus connus, cherchait à interpréter le Coran par une herméneutique humaniste. Une polémique sur ses écrits mena à l'annulation de son mariage pour apostasie. Après la décision de la Cour Egyptienne, et sous la menace de mort de groupes fondamentalistes, il s'enfuit en Hollande, où il réside depuis.
12. Le dialogue selon l'approche idéaliste et subjective
Ce type de dialogue se définit à partir des déclarations de ceux qui implicitement adoptent cette approche. Il s'est amplifié après la lettre ouverte (11/10/07) des 138 leaders musulmans au pape Benoît XVI et aux responsables de différentes confessions chrétiennes. L'article de ce site "Le dialogue islamo-chrétien après la lettre des 138 leaders musulmans" (janvier 2008) a donné une première idée de la situation
http://www.notredamedekabylie.net/Dialogueislamochrétien/Chroniquedesévènementsdudialogue/tabid/83/articleType/ArticleView/articleId/224/LE-DIALOGUE-ISLAMOCHRETIEN-APRES-LA-LETTRE-DES-138-LEADERS-MUSULMANS.aspx
Il a été suivi des articles du volet "Chronique des événement du dialogue" de la rubrique "Dialogue islamo-chrétien":
Dialogue interreligieux. Le Vatican dessine les lignes directrices. Déclarations diverses
La rencontre de novembre: heure de vérité pour le dialogue islamo-chrétien?
APPEL des CHRETIENS du monde MUSULMAN
Le séminaire islamo-catholique de Rome et l'Appel des Chrétiens du Monde Musulman
Ce paragraphe reprend certains des éléments du premier article, et en ajoute d'autres.
12.1 Quelques points qui dérangent, passés sous silence
Le premier séminaire du Forum islamo-catholique, suscité par le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et par des représentants des 138 leaders musulmans signataires de la lettre ouverte du 13 octobre 2007 aux leaders chrétiens, s'est tenu à Rome du 4 au 6 novembre 2008. La reconnaissance explicite de la liberté religieuse en terre d'islam, et du droit de changer de religion est absente de la déclaration finale. Quand Seyyed Hossein Nasr a présenté la déclaration au public, au nom de la délégation musulmane, il a justifié ce silence par des arguments historiques et politiques. A deux questions précises, l'une relative au droit de changer de foi et au sort des convertis, l'autre relative à la persécution des chrétiens en Irak, et dans d’autres régions musulmanes, la réponse du Professeur Seyyed Hossein Nasr est très étonnante pour ceux qui connaissent l'histoire de l'expansion de l'islam à partir du 7ème siècle, et le sort des esclaves chrétiens au Maghreb (cf. les relations des missionnaires de l'Ordre de la Merci). Cet universitaire a en effet répondu: "les difficultés de ces chrétiens ne sont rien par rapport à ce que les peuples musulmans ont souffert au cours des siècles du fait des chrétiens et, aujourd’hui en particulier, du fait d’Israël et des Etats-Unis". Etant citoyen américain, il a ajouté: "Même au Texas, quand on devient musulman on subit l’hostilité et les pressions".
Notre-Dame de Kabylie a publié "Appel pressant des chrétiens venus des pays musulmans ou y vivant" (pour faire bref "Appel des 144", car 144 signataires se sont manifestés, donnant involontairement ce chiffre symbolique) la veille du Forum islamo-catholique de Rome. Cet appel mentionnait les points "urgents, et préalables, à un dialogue de vérité". L'un d'eux est exposé dans les termes suivants "Nous espérons, enfin, qu’il est devenu évident, pour tous, que ce dialogue islamo-chrétien souhaité et nécessaire, doit tenir compte des chrétiens qui vivent dans le monde dit «musulman», ou qui en viennent. Nous écarter, ou nous oublier, relèverait soit d’une ignorance feinte, soit d’une volonté manifeste de ne pas aborder les questions qui fâchent. L’actualité, hélas, ne cesse de le démontrer: les chrétiens en monde musulman sont en sursis et en péril".
Dès sa publication, cet appel a été transmis aux sites de la presse française: AFP, "Figaro", "Le Monde", "La Croix" et d'autres médias catholiques français. Excepté Radio Notre-Dame, aucun de ces médias ne l'a publié. Ceci n'a pas été le cas du site catholique "AsiaNews.it", lié à l'Institut Pontifical des Missions Etrangères, qui l'a largement diffusé en italien et en anglais http://www.asianews.it/index.php?l=it&art=13673&theme=8&size=A
http://www.asianews.it/index.php?l=en&art=13673&theme=8&size=
Ces deux textes ont amplifié la diffusion de l'Appel des 144, qui a pu être ainsi relayé par un très grand nombre d'autres sites et médias étrangers. Alors que les médias français ont fait silence sur cet appel, le site "A Common Word" des 138 leaders musulmans a eu l'honnêteté de le reproduire:
http://www.acommonword.com/en/a-common-word-in-the-news/14-general-news/71--muslim-converts-to-christianity-ask-religious-experts-at-vatican-meeting-for-religious-freedom.html
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