Un spécialiste américain du VIH et du préservatif soutient les positions de Benoît XVI
Lu sur http://americatho.over-blog.com/article-29463382.html
Edward C. Green est un des plus renommés chercheurs en matière de VIH (le virus du SIDA) au monde. Il dirige, à l’université d’Harvard, le « Projet de prévention et de recherche sur le SIDA ». Christianity Today, un magazine évangélique américain, l’a interrogé le 20 mars dernier sur la polémique née des propos du Saint Père.
Question : « Est-ce qu’on critique injustement Benoît XVI pour ses commentaires sur le VIH et les préservatifs ? »
Réponse : « C’est dur pour un progressiste comme moi de l’admettre, mais oui, c’est injuste parce qu’en fait les preuves les mieux établies viennent en soutien à ses commentaires – au moins ses commentaires principaux, ceux que j’ai lus ».
L'article complet: http://www.christianitytoday.com/ct/2009/marchweb-only/111-53.0.html
Les médias africains déplorent l’attitude des médias occidentaux, pendant la visite du pape en Afrique
ROME, Mardi 24 mars 2009 (ZENIT.org) - « Le Cameroun vient de boucler avec une réussite insolente la troisième visite papale de son histoire », lit-on dans le Cameroon Tribune, après les quatre jours de visite de Benoît XVI sur le sol camerounais, qui déplore en même temps la polémique engagée par les médias occidentaux contre le pape durant cette visite.
« Le Cameroun et l'Afrique ont vécu quatre jours si intenses et si magiques, qu'ils peinent encore à en jauger l'insondable portée », souligne Marie-Claire Nnana dans son article, convaincue que cette visite du pape en Afrique est « une visite à succès, et un événement majeur qui marquera l'Eglise et tout le continent ». La journaliste souligne « En posant l'acte d'amour que constitue sa visite, en nous assurant de l'amour de Dieu, nous les damnés de la terre, le pape nous comble d'espérance ».
Mais « on ne décrira jamais assez le rapt inélégant et la parfaite imposture des médias européens et en particulier français sur cette visite », souligne-t-elle. « C'était le temps de l'Afrique. L'Afrique n'aspirait qu'à la communion spirituelle et à la fête. Nos confrères se sont évertués à ne mettre en lumière que les aspects les plus anecdotiques de cette visite, les chiens écrasés, l'écume des jours », ajoute-t-elle.
« Pas un mot sur le synode des évêques africains à venir, ni sur le document préparé à cet égard par le pape », commente-t-elle. « Ils ont parasité les ondes avec une polémique qu'ils ont créée de toute pièce. Car en sortant de son contexte la déclaration du pape sur le préservatif, ils en ont dénaturé la substance ». Autre exemple de sabotage stratégique reproché aux médias occidentaux : avoir cherché, en Angola, à « éclipser le message apostolique en montant en épingle une déclaration sur l'avortement thérapeutique ».
« En résumant huit jours de visite en deux petites phrases, de préférence celles susceptibles de remuer une opinion publique formatée, il y a un risque de caricaturer et de fausser le message », souligne-t-elle. Et le comble pour la journaliste c'est lorsque « ces médias déclarent parler au nom des Africains ». « Non, merci, chers confrères, vous parlez pour vous-mêmes, et pour votre public. Les Africains sont assez grands pour déchiffrer et critiquer, au besoin, les messages du pape, afin d'en tirer la substantifique moelle. ».
De plus, estime-t-elle, « les débats autour du SIDA et de l'avortement sont trop importants pour les biaiser de cette manière, en les réduisant à une polémique médiatique ». La journaliste du Cameroon Tribune ajoute "Si nous décrions cet opportunisme chez nos confrères, ce n'est pas que ces questions indiffèrent les Africains que nous sommes, il nous semble peu fécond de vouloir infléchir les prises de positions papales, parce qu'elles découlent des principes moraux et de valeurs dictés par les évangiles dont il est le gardien ».
« Le pape, que les médias décrivent comme austère et peu charismatique, nous a paru au contraire sensible à nos démonstrations bruyantes et sincères », poursuit-elle. « Il les a reçues dans le tempérament qui est le sien : tout en retenue, le geste peu emphatique, le regard ardent ».
En conclusion la journaliste pense que « Benoît XVI en aura bien besoin » de l'affection des fidèles Africains pour continuer sereinement sa mission, dans une Europe, dit-elle, « dont il est le fils biologique, mais non pas spirituel puisque cette Europe nie désormais la dimension spirituelle du monde ».
Isabelle Cousturié
YAOUNDÉ, 25 mars 2009 (AFP) - Sida/propos du pape: les évêques du Cameroun dénoncent une "désinformation"
Les évêques du Cameroun estiment qu'une "certaine presse" a fait de la "désinformation", créant la polémique autour des propos sur les préservatifs et la lutte contre le sida du pape Benoît XVI lors de son voyage en Afrique, dans une déclaration obtenue mercredi par l'AFP.
"Une certaine presse s'est fait l'écho d'un malaise qu'auraient suscité les propos du Saint-Père sur l'usage des préservatifs et sur le VIH-sida", affirme la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, dans une réaction à "une telle désinformation".
Les évêques "s'étonnent de ce que les journalistes ne retiennent de cette déclaration du pape (...) que l'opposition aux préservatifs, occultant toute l'action de l'Eglise sur la lutte contre le sida et la prise en charge des malades". Ils accusent "les médias occidentaux notamment (d'avoir) oublié les autres aspects pourtant essentiels du message africain du Saint-Père sur la pauvreté, la réconciliation, la justice et la paix".
"Ceci est très grave, lorsqu'on sait le nombre de morts que causent d'autres maladies en Afrique et sur lesquelles il n'y a aucune publicité véritable, lorsqu'on sait le nombre de morts que causent en Afrique les luttes fratricides dues aux injustices et à la pauvreté", écrivent-ils. Ils assurent ne pas nier "pour autant pas la réalité du sida, ni son effet dévastateur dans les familles au Cameroun".
"L'engagement (...) auprès des personnes vivant avec le virus du sida, l'accompagnement des personnes infectées et affectées sont des priorités" pour l'Eglise, poursuit le texte. L'Eglise "ne méprise pas les malades du sida et n'encourage nullement la propagation de la maladie" contrairement à ce qu'avancent "certains médias", estiment les évêques. Elle a cependant "l'impérieux devoir de rappeler aux chrétiens que toute pratique sexuelle en dehors du mariage et non rangée est dangereuse et propice à la diffusion du sida", ajoute cette déclaration.
En route pour sa première visite en Afrique (17-20 mars), Benoît XVI avait affirmé que l'on ne pouvait "pas résoudre le problème du sida (...) avec la distribution de préservatifs" et que, "au contraire", leur "utilisation aggravait le problème".